La Tunisie engage une réforme progressive de son système du pain subventionné, avec pour objectif d’améliorer à la fois la qualité nutritionnelle du produit et la maîtrise des coûts publics. Selon les nouvelles orientations publiées en avril 2026, le pain subventionné devrait évoluer vers une composition plus riche en fibres, à travers une révision du taux d’extraction de la farine utilisée. Cette mesure s’inscrit dans une démarche de modernisation de la filière céréalière et d’optimisation des ressources disponibles.
Parallèlement, le système actuel du pain subventionné représente un coût important pour les finances publiques. Les pertes sont estimées à environ 603 millions de dinars par an, en raison de plusieurs dysfonctionnements structurels. Ces pertes sont liées notamment au gaspillage du pain, aux détournements dans la filière de la farine subventionnée ainsi qu’à l’écart entre le coût réel de production et le prix administré.
Le dispositif de subvention repose sur une forte prise en charge par l’État du coût du blé et de la production, ce qui pèse sur la caisse de compensation. Toutefois, des inefficacités persistent, notamment en matière de contrôle et de traçabilité des circuits de distribution, ce qui limite l’efficacité du système actuel.
Dans ce contexte, la réforme en cours vise à améliorer la gestion de la filière tout en maintenant l’accessibilité du pain, considéré comme un produit essentiel pour les ménages tunisiens. L’enjeu consiste à trouver un équilibre entre la protection du pouvoir d’achat et la réduction de la charge budgétaire, dans un contexte économique de plus en plus contraint.
