Une annonce qui secoue le monde de la tech
Fin octobre 2025, Amazon a annoncé la suppression d’environ 14 000 postes au sein de ses effectifs corporate. Ces suppressions d’emplois devraient représenter les plus importantes coupes dans l’histoire de l’entreprise concernant ses employés de bureau. Cette décision s’inscrit dans un effort pluriannuel de l’entreprise pour réduire ses coûts.
Ce qui frappe dans cette annonce, ce n’est pas seulement son ampleur, mais la justification avancée par la direction : l’intelligence artificielle.
Ce que dit Amazon officiellement
Dans un communiqué interne, l’entreprise a expliqué que ces suppressions de postes visaient à rendre l’organisation plus agile et moins bureaucratique, tout en libérant des ressources pour investir dans ses « plus grands paris », notamment l’intelligence artificielle générative.
Beth Galetti, vice-présidente senior en charge des ressources humaines chez Amazon, a justifié ce virage en évoquant l’ampleur de la transformation technologique en cours, comparable selon elle à l’arrivée d’Internet, qui permettrait aux entreprises d’innover à une vitesse inédite.
Les équipes touchées par ces coupes concernent le cloud, l’alimentaire, les jeux vidéo, les ressources humaines, le développement durable, la communication, la publicité et les appareils connectés même si l’ensemble des divisions de l’entreprise devrait être concerné à terme. Pour donner un ordre de grandeur, Amazon emploie plus de 1,54 million de personnes dans le monde, dont environ 350 000 dans les fonctions corporate et technologiques les 14 000 suppressions représentant donc près de 4% de ce segment.
Une vague qui s’amplifie
Cette première annonce n’était en réalité que le début. D’autres coupes se sont ajoutées par la suite, portant le total à environ 28 000 postes supprimés en quelques mois, dans une logique de rationalisation organisationnelle largement portée par les investissements dans l’IA.
Le contexte financier éclaire aussi cette stratégie. Amazon prévoit d’investir environ 200 milliards de dollars dans l’intelligence artificielle d’ici 2026, un montant comparable aux 205 milliards annoncés par Alphabet, ce qui inquiète certains observateurs quant à l’impact sur la trésorerie disponible de l’entreprise. Le flux de trésorerie disponible sur douze mois glissants d’Amazon serait ainsi tombé à 1,2 milliard de dollars, contre 25,9 milliards un an plus tôt.
Malgré cela, la branche cloud AWS continue d’afficher une forte croissance, avec une progression de 28% de son chiffre d’affaires sur un an, atteignant 37,6 milliards de dollars, ce qui pourrait constituer un amortisseur pour l’entreprise face aux difficultés actuelles.
L’IA, vraie cause ou bouc émissaire commode ?
Ce point fait débat. Le PDG Andy Jassy affirme que ces licenciements ne sont ni motivés par des raisons financières, ni directement causés par l’IA, mais plusieurs analystes estiment au contraire que cette technologie joue un rôle central dans la volonté de l’entreprise de devenir plus « légère ».
Cette annonce n’est d’ailleurs pas isolée. Dès juin 2025, Andy Jassy avait prévenu que l’IA générative allait probablement réduire les effectifs corporate d’Amazon dans les années à venir, tout en soulignant que l’entreprise disposait déjà de plus de 1 000 services et applications basés sur l’IA générative, un chiffre qu’il jugeait encore modeste par rapport à ses ambitions.
Certains commentateurs vont plus loin et remettent en cause le discours officiel. Une tribune parue dans Forbes soutient que ce n’est pas l’IA qui prend les décisions de licenciement, mais bien les dirigeants qui s’en servent comme justification commode une façon de maquiller des choix humains et stratégiques en simple « gain d’efficacité » technologique, une pratique que l’on retrouverait également chez Microsoft, Meta ou Google.
